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Le film qui fait trembler les féministes

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’article ci-dessus paru dans “24heures” a également été publié le 1er mai 2012 dans le journal “Tribune de Genève”.


Guerre de femmes : la révolte des « secondes » épouses

Société | 17. février 2012

En Suisse où plus d’un mariage sur deux se solde par un divorce, les secondes épouses, toujours plus nombreuses, dénoncent les inégalités de traitement et les « discriminations » dont elles et leurs enfants font parfois l’objet

© DR

« C’est son ex-femme qui a demandé la séparation, aujourd’hui elle fait tout pour l’empêcher de divorcer, à coups d’ajournements et de chicanes juste tolérées, à la limite de la loi. Ça fait 7 ans que ça dure » raconte Katherin Saüberli à propos de son compagnon Adrien, membre fondateur de l’association Papageno. De Stabio, elle rappelle que le Tessin vient d’enregistrer un record de 28 ans pour une procédure de divorce et dénonce les « exigences financières insoutenables » et un « enfer bureaucratique entretenu par les avocats qui dépasse l’imagination ». Une vie reconstruite, un petit garçon de 4 ans, « nous sommes heureux mais c’est impossible de mettre un point final à cette histoire » regrette-t-elle.

Opprobre morale

En 2010, 22 081 divorces étaient enregistrés en Suisse, avec un indicateur de divortialité de 54,4% et une durée moyenne du mariage de 14,5 ans. C’est dire si les « secondes » épouses se font nombreuses, et commencent doucement à donner de la voix. « Nous avons toujours peur de nous faire entendre ou d’interférer, avoue Katherin. Dans la société nous avons encore cette image de celle qui a détruit la première famille, même quand on a rencontré notre conjoint après sa première séparation ! » L’avocat lausannois Christian Bettex reconnaît « qu’il reste une petite réprobation, une sorte d’opprobre morale qui prétérite un peu la deuxième cellule familiale, même si aucun tribunal ne vous le dira ». Et de conclure, « on considère qu’un homme qui prend des engagements envers une première famille doit s’y tenir, c’est un peu «son problème» s’il veut en assumer une deuxième ».

Honte, pudeur, discrétion freinent encore ces secondes épouses qui se disent discriminées et dont les protestations montent. De tout le pays, Katherin qui a saisi par courrier la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, reçoit quotidiennement soutiens et témoignages, « des femmes comme moi qui n’ont pas eu le courage de dire leur situation de seconde. Maintenant, c’est pour elles que je me bats ». Lors de longues procédures de divorce, les enfants issus du deuxième lit ne pouvaient avoir le nom du père, une inégalité entre les fratries qui va disparaître avec la mise en application prochaine du nouveau code civil, car les enfants pourront porter le nom du père en cas d’autorité parentale conjointe. Quant aux revendications pour raccourcir les procédures de divorce, « elles sont légitimes, relève Christian Bettex. Un divorce ne devrait pas durer dix ans c’est insupportable. On devrait pouvoir constater la rupture du lien conjugal indépendamment du règlement des situations pécuniaires et des effets patrimoniauxqui pourraient être réglés séparément. Scinder ces questions résoudrait beaucoup de drames ».

Stress économique

Mais les « secondes » dénoncent aussi le stress économique, les attaques personnelles, jalousie, tracasseries, tensions entre enfants, et le peu de recours qu’elles ont pour lutter contre « l’enfer » quotidien organisé parfois par la première famille. « Tout est une question d’âge, de génération. Beaucoup de premières épouses sont divorcées à l’ancienne mode, des femmes qui ont élevé leurs enfants et qui sont assistées par un ex-mari pourvoyeur, ou à défaut par l’Etat. Les secondes épouses sont aujourd’hui généralement plus jeunes, mieux formées, plus autonomes » décrypte Anne Reiser, avocate genevoise et spécialiste du droit de la famille. Si les pensions dues à l’épouse ont été atténuées depuis 2000 avec le nouveau droit sur le divorce, « celles dues aux enfants contribuent encore à l’appauvrissement du nouveau couple, et on voit d’un mauvais œil de se serrer la ceinture pour la première famille » signale Christian Bettex. Anne Reiser confirme les effets économiques délétères sur la deuxième union et parle « d’un puits sans fond de ressources pour la première épouse, tandis que la deuxième est souvent reléguée en contrefort, en soutien de l’ex-femme et non plus du mari ! C’est une victime collatérale ajoutée au désastre antérieur ».

Mieux vaut ne pas se marier

Reste que les « secondes » sont gagnantes sur le plan de la prévoyance professionnelle, et peuvent exiger certaines mesures telles que pacte successoral, contrat de mariage avec nouvelle répartition des bénéfices de l’union conjugale, ou conventions reconnaissant leur contribution et leur donnant droit à une indemnité. Et à défaut, Anne Reiser tranche, « plutôt qu’accepter de tels sacrifices, il vaut mieux ne pas se marier, même si les femmes se donnent peu cette liberté. Elles sont encore poussées par la pression sociale à devenir madame Machin ».


La lettre de lecteur ci-dessous parue dans la “Tribune de Genève” et “Le Nouvelliste” a également été publiée le 13 février 2012 dans le journal “Le Temps” sous le titre “Divorces destructeurs”.


partenaire dun homme spar tribune de genve 9 fevr 2012




Le Nouvelliste

dimanche 5 février 2012

Courrier des lecteurs

Inégalité des femmes devant la loi

Au nom de toutes les femmes qui vivent depuis de trop longues années dans l’attente que leur compagnon et, le cas échéant, père de leur enfant puisse enfin divorcer, je lance un cri d’indignation sous forme de questions destinées à alimenter la réflexion et, si possible, le débat public.

Pourquoi des femmes engagées dans une procédure de divorce à l’amiable peuvent-elles poser des exigences financières insoutenables? Pourquoi des avocats peuvent-ils entretenir un enfer bureaucratique qui dépasse l’imagination? Le Tessin vient même d’enregistrer le record absurde de 28 ans pour une procédure de divorce! Pourquoi l’enfant du nouveau couple n’a-t-il pas le droit d’avoir un père à part entière aussi sur le plan juridique et porter son nom? Pourquoi doit-il souffrir au quotidien d’une situation déstabilisante? Les juristes parlent du «bien des enfants». Mais de quels enfants? De ceux qui ont déjà été démolis psychiquement ou de ceux que l’on pourrait encore abîmer?

Pourquoi ne reste-t-il que le minimum vital à certains hommes au point que leur nouvelle compagne doit s’épuiser au travail pour subvenir aux besoins de la première famille?

Il faut que la législation change afin que toute femme qui s’éprend d’un homme séparé puisse construire une vie sans être harcelée de toutes parts – ce bien sûr sans porter préjudice à autrui.

Katherin Säuberli, Stabio


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