Notre association a vu le jour le 29 février 2012 suite aux nombreuses réactions positives et encourageantes suscitées par la publication de la lettre ouverte de Katherin Säuberli à la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga. Regroupant des femmes vivant une situation analogue, l’association donna2 est active au niveau national.

Schermata 2016-05-10 alle 10.45.55

 
 

Les lettres plus récentes n’ont pas été traduites en francais: veuillez consulter les lettres en allemand (DE) dans la même rubrique “Dossier Sommaruga”.

Stabio, le 16 janvier 2012
 

Lettre ouverte à Madame la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga et aux juristes, avocats et juges des affaires familiales de Suisse Inégalité des femmes devant la loi – une injustice à réparer

 

Depuis 2005 je vis avec un homme qui est séparé de facto de sa femme depuis 2004 et dont la procédure de divorce à l’amiable est engagée depuis septembre 2006. Son « ex » pose des exigences financières insoutenables et fait traîner en longueur la procédure de divorce au moyens de procédés hautement discutables, manifestement dans le seul but de nous empêcher de construire une nouvelle vie de famille – nous avons un fils de quatre ans – et pour toucher l’entier de l’héritage un jour.
 
Haine, mensonges et atermoiements
 
Son « ex » propage des mensonges sur nous, faisant ainsi petit à petit le vide dans notre entourage. Elle a même réussi à discréditer son mari sur le plan professionnel. Après chacune de ces agressions iniques, c’est moi, la « seconde femme », qui dois trouver force et énergie pour l’aider à se reconstruire tant moralement que physiquement tout en continuant à mener la barque de notre « nouvelle famille » contre vents et marées, en silence, comme si de rien n’était.
 
Or notre fils souffre lui aussi de ces attaques incessantes, causes d’un stress extrêmement déstabilisant. Les juristes parlent toujours du « bien des enfants ». Mais de quels enfants ? De ceux qui ont déjà été démolis psychiquement ou de ceux que l’on pourrait encore abîmer ? Pourquoi les avocats de la partie adverse ont-ils le droit d’entretenir un enfer bureaucratique qui dépasse l’imagination ? Le Tessin a même enregistré le triste de record de 28 ans pour une procédure de divorce.
 
Pourquoi personne ne s’est-il jamais inquiété du bien-être de la nouvelle femme, ou tout au moins, le cas échéant, de la nouvelle famille ? A défaut d’un juge, qui pourra nous garantir à moi et à mon enfant que nous n’aurons pas à souffrir de longues années encore de cette interminable procédure de divorce dans laquelle mon compagnon se débat ?
 
Les secondes femmes, des êtres de seconde zone ?
 
Pourquoi les femmes, et en particulier les féministes parmi elles, créent-elles des femmes et des enfants de seconde zone ? Car c’est bien ce qui se passe : des personnes du même sexe appliquent une discrimination entre elles, entre les enfants, voire entre les tantes et les grands-mères qui se retrouvent elles-mêmes reléguées en seconde zone. J’en appelle à vous, Madame Sommaruga, vous qui en tant que femme politique êtes attentive à la condition féminine : examinez un instant le sort de nous autres « secondes femmes » et demandez-vous si dans ce cas la discrimination ne serait pas due à une dérive féministe. Or mon enfant a lui aussi le droit d’avoir un père à part entière, également sur le plan juridique. Pourquoi mon fils ne peut-il pas porter le nom de son père ? Pourquoi y a-t-il deux poids et deux mesures dans le calcul des pensions alimentaires selon qu’elles soient destinées aux enfants du premier ou du second mariage ? Pourquoi certains hommes doivent-ils survivre avec le minimum vital (CHF 2’500.- tout compris) et que nous les « secondes femmes » soyons obligées de nous épuiser au travail pour subvenir aux besoins de la première famille ?
 
Une nouvelle législation – pour le bien de tous
 
Madame Sommaruga, je souhaite que la législation change afin qu’à l’avenir toute femme qui s’éprend d’un homme séparé puisse construire une vie sans être constamment harcelée de toutes parts – ce bien sûr sans porter préjudice à autrui. Je souhaite que les institutions réagissent dans des délais raisonnables et empêchent que les procédures de divorce se transforment en affaire lucrative pour les « futures ex-épouses » et en calvaire quotidien pour les « secondes ». Si vous, Madame Sommaruga, pouviez enfin endiguer la saignée émotionnelle et financière dont sont responsables les juges, les avocats, les curateurs et les offices de toutes sortes, si vous pouviez défendre les intérêts de toutes les femmes, et pas seulement de celles de « première classe », je vous en serais extrêmement reconnaissante.
 
Dans l’attente de votre prise de position, je vous adresse, Madame la Conseillère fédérale, mes respectueuses salutations.
 
Katherin Säuberli